Pièce n°II
Forcément, elle avait mal dormi. Comment d'ailleurs en aurait-il pu être autrement, après la soirée terrible qu'elle avait passée ? Elle n'en revenait toujours pas de s'être laissée entraînée dans cette sordide affaire. Toute la nuit elle s'était retournée sous sa couette. Et son cerveau était aussi sans dessus dessous que son corps. Elle s'en voulait. Mais si elle se reprochait les choses. Elle ne regrettait rien. Elle avait fait son devoir. Elle avait suivi ses amis. Pour la bonne cause se répétait-elle. N'empêche. Est-ce qu'ils n'étaient pas allés trop loin ? La mort d'un homme, ce n'est tout de même pas anodin…
Elle aurait voulu oublier. Tout oublier. Mais comme elle n'y arrivait pas, elle décida de se lever. Elle fit un passage aux toilettes. Dans le miroir de la salle de bains, elle eu du mal à se reconnaître. En une nuit, elle avait pris cinq ans. Des rides marquées, des poches noires sous les yeux. Les cheveux hirsutes. Le teint blême. Son visage portait les stigmates de sa mauvaise conscience. A la cuisine, elle mit de l'eau à chauffer pour un thé. En attendant, elle fuma la moitié d'une cigarette à la fenêtre. Elle manqua de s'ébouillanter en versant l'eau dans un bol, pesta car elle n'avait plus de pain digne de ce nom sur lequel étalé de la confiture, avant finalement de se rendre compte qu'elle n'avait ni faim, ni soif.
Elle venait de se décider à prendre un bain, elle ne portait plus que sa culotte de nuit et le médaillon qui flottait autour de son cou quand elle s'effondra sur le canapé. Elle sanglota de longues minutes. Les pleurs d'un enfant qui a perdu ses parents. Dans l'eau chaude et apaisante, elle se sentit mieux. Pendant de longues minutes, elle regarda la photo. Celle visible dans le médaillon, une fois le fermoir ouvert. Celle de se père qu'elle n'avait jamais connu. Depuis hier, le paternel côtoyait le souvenir de la veille, une branche à peine grande de deux centimètres et plus grosse qu'une aiguille, verte et sombre.
Il fallait qu'elle parle. Cela seulement pouvait la soulager. Ses compagnons d'infortunes devaient être dans le même état. Elle pourrait certainement trouver du réconfort auprès d'eux. Ils étaient sept la veille au soir. 7 dans la même galère. 7 dans le pire des complots. 7 assassins autour d'un cadavre. Elle en connaissait deux personnellement. Les autres. Elle n'avait même jamais vu leur visage. Ils pouvaient être n'importe qui. Sa concierge, son propriétaire, sa collègue de travail ou sa boulangère. Comment eux trois s'étaient-ils retrouvés là-dedans ? Elle hésitait à repenser à cela. A un moment elle avait besoin d'air, l'envie de marcher, de se confronter au monde, de remonter le cours du temps, l'instant d'après elle était prostrée. Retourner là où tout avait commencé. Etait-ce une bonne idée. En avait elle seulement le droit. Qu'avait on dit hier soir ? Elle ne se rappelait plus. Elle voulait oublier les à-côtés de l'histoire, espérant ainsi l'occulter. Malgré tout, elle se remémora le premier jour, celui dont tout découlé, mais sans arriver à le situer précisément dans le temps. Ca lui semblait si proche mais elle savait au fond d'elle que c'était déjà loin.
Malgré le samedi, son amie, devait être au travail. Pouvait-elle l'appeler. Mais non, elle savait qu'elle n'allumait jamais son portable avant l'heure du déjeuner. Alors un mail ? Oui. Pourquoi pas un mail. Quand à lui. Certes elle pouvait l'appeler. Oh ça, il décrocherait bien sûr, il décrochait toujours. C'était d'ailleurs ça qui lui avait plu au début de leur amitié. L'ami toujours là, répondant présent quoi qu'il arrive. Il était devenu l'amant de passage, celui des soirs de déprime et des nuits de montées de désirs. Elle l'aimait. Elle l'aimait toujours. Plus fort même maintenant, après l'épreuve. Et lui ? Lui, elle aurait voulu, qu'un jour seulement il vive pour elle les mêmes sentiments qu'elle avait pour lui. Ce déferlement d'amour. Mais elle doutait qu'il en fusse jamais capable non seulement pour elle, mais aussi pour quiconque. D'ailleurs, il n'avait pas passé la nuit avec elle. Il l'avait serrée dans ses bras, murmurée quelques mots de réconfort et abandonnée devant sa porte.
Tiraillée entre le cœur, la raison et l'instinct, elle était déboussolée.
A vous de décider :
1) elle envoie un mail à son amie
2) elle appelle son amant
3) elle va où tout à commencé
Et pour orienter un peu plus. Ce qui arrive après… :
a) …se passe bien
b) …se passe mal
Et sinon, vous lui voyer quelle tête, celle de :
1) Cindy
2) Florence
3) Hélène
4) Nathalie
5) Pauline
6) Salomé
7) Une autre personne…