Pièce n°VI
L'eau froide lui rentrait dans la bouche, elle comprit que si elle ne faisait rien, elle allait se noyer. Ouvrir les yeux. Ouvrir les yeux et sortir la tête de l'eau. S'appuyer sur le fond et remonter à la surface. Vite. Ouf ! La tête hors de l'eau, elle pris une grande inspiration. Quelle mort stupide se dit-elle après avoir repris ses esprits que de finir noyée dans sa baignoire. D'un coup, elle compris ce qui l'avait réveillé. On sonnait à sa porte. Elle sortie de l'eau rapidement. Elle avait la peau flétrie par toute une nuit passée dans son bain. Elle avait les mains de vieille, typique d'une immersion prolongée. Heureusement sa tête respirait encore la jeunesse. Après les émotions de la veille, elle était rentrée chez elle exténuée et s'était rapidement plongée dans l'eau chaude et apaisante. Si apaisante qu'elle s'était endormie. La personne à la porte s'impatientait. Elle enfila un peignoir, noua une serviette autour de ses cheveux. On ne sonnait plus désormais, mais on tambourinait à la porte. Elle traversa le salon, laissant des traces de pas humides sur le parquet et arrivée devant la porte d'entrée, jeta un œil au judas. Elle ne connaissait pas la personne. Il semblait porter un costume. Mais elle n'était pas en mesure de dire si c'était un plombier, le releveur du compteur électrique ou bien un témoin de Jéhovah. Elle hésita. Par le judas, il avait une bonne tête. La cinquantaine, des favoris, un stylo coincé derrière l'oreille. Elle exclu le représentant religieux. Il tambourinait toujours mais sans avoir l'air énervé pour autant. Alors, elle déverrouilla le cadenas et ouvrit la porte.
La moindre des choses qu'on puisse dire, c'est qu'il fut surpris de la voir. Il faut dire aussi que le peignoir n'était qu'à moitié fermé et qu'il laissait entrevoir plus de peau et de chair qu'elle ne devait vouloir laisser deviner. Devant sa bouche ouverte et ses yeux dans le vague, elle ajusta quelque peu son habit et en tenant les bords replia les bras sur son buste. Il repris ses esprits. « Un paquet pour vous, mademoiselle ! ». «Ah d'accord ! ». Elle signa le bon de livraison d'une main pendant qu'il tenait le paquet au-dessous en guise de support. Il lui donna le paquet. Elle le pris des deux mains et se faisant la tenue de sa sortie de bain devint plus lâche, et le livreur eu le loisir de profiter à nouveau de son corps encore moite. D'un œil rageur, elle referma la porte, en glissant, un légitime « Je crois que je ne vous doit pas d'autre pourboire ! ».
Le paquet était assez volumineux, largement de quoi contenir un gros livre, mais s'il avait la taille d'un dictionnaire, il n'en avait pas le poids, il était en effet extrêmement léger. Ce n'était pas un de ces paquets tout prêts que l'on trouve à la Poste, mais un bloc marron visiblement fait maison. L'expéditeur n'était pas mentionné. Une étiquette indiquait ses coordonnées. Elle le secoua légèrement pour tenter de deviner ce qu'il contenait. Rien ne bougea. Elle ne prenait pas peur facilement, mais ce réveil mouillé, ce livreur voyeur et ce paquet intriguant, ce n'était pas pour la rassurer. Elle hésitait à l'ouvrir. Alors le temps de se sécher les cheveux et de s'habiller, elle le laissa poser sur la commode en bois exotique qui trônait dans son entrée. Mais plus les habits recouvraient son corps, moins elle pouvait détacher son regard du paquet. Elle voulu malgré tout se maquiller avant de s'en occuper. Le résultat fut catastrophique. Même son reflet dans le miroir semblait regarder vers la commode. Alors, elle se mit du mascara dans l'œil et se fit une bouche de clown avec son rouge à lèvres. Et c'est ainsi grimée que n'y tenant plus, elle se jeta sur le paquet. La scène vue par un observateur aurait paru surréaliste. Une femme avec la tête du Joker de Batman s'acharnant frénétiquement à dépouiller du papier kraft et du scotch. Elle le paquet faisait de la résistance. Elle imaginait qu'étant donné son contenu précieux, l'enrobage avait pour consigne de ne pas se rendre si facilement. Le déballage se prolongeait depuis quelques minutes, elle du même s'étant cassé un ongle sur l'adhésif user d'une paire de ciseaux à bout rond pour finir de l'enlever complètement. Ce dont elle ne se rendit pas compte étant donné son excitation, c'est qu'au fur et à mesure qu'elle poursuivait son dépiautage, le paquet diminuait rapidement de taille. En l'état actuel, il aurait à peine pu contenir un livre de poche. Elle était épuisée. Il faut dire aussi qu'elle était pliée en deux, penchée sur sa table basse. Elle décida de faire une pause. Elle repoussa un peu des mains le colis, comme on se débarrasse d'une mouche qui tournoie méchamment au-dessus de son assiette. C'est là qu'elle se rendit compte de sa diminution de taille. Elle se dit que tout cela n'était qu'une sale blague qu'on lui faisait. A l'idée de passer encore cinq minutes à s'acharner dessus pour finalement ne rien trouver, elle fit une moue. Alors, dans une sorte de bras de fer avec cet adversaire inanimé, elle se dit qu'elle pouvait le faire attendre aussi. Elle se leva, bu un verre d'eau dans la cuisine, décida de se faire les ongles histoire de réparer les dommages, puis finalement de terminer calmement de se maquiller. Détendue, elle revint vers la table. L'ennemi n'avait pas bougé. Il semblait sur le qui-vive prêt à bondir sur elle au moindre mouvement qu'elle tenterait. Finalement, la victoire fût plus rapide qu'elle n'espérait. Et alors que la table était encombrée de déchets divers et collants, elle découvrit au milieu d'eux, un paquet de cigarettes. Des Marlboro light. C'est peu dire qu'elle était estomaquée. L'idée de la blague prenait de plus en plus d'ampleur dans son esprit. Elle pris le paquet à la main. Quelque chose bougeait à l'intérieur. Elle l'ouvrit. Pas une seule cigarette. Mais au fond, une clé USB. La peur revint d'un coup, aussi vite que revint les souvenirs de la veille. L'homme par terre et 7 fantômes tournoyant autour de lui. L'aiguille verte en guise de souvenir. Elle regrettait l'idée de la blague.
Elle n'avait pas d'ordinateur chez elle. Enfin, d'habitude si. Mais là, son portable était en réparation. D'ailleurs, les 15 jours étant passé, elle pouvait sûrement aller le récupérait. Ou alors, le magasin étant loin, elle pouvait toujours tenter un cybercafé. Mais comme elle ignorait le contenu de la clé, le fait de la regarder dans un endroit public n'était pas forcément très intelligent. Sinon, elle pouvait faire un saut chez ses parents. Il n'habitait pas très loin. Mais ce n'était pas beaucoup plus discret qu'un cybercafé. Son père serait sans doute en train de tourner autour d'elle. Et ne les ayant pas vu depuis des mois sa mère aurait sans doute au moins une matinée de reproches à lui faire.
A vous de décider :
1) elle va rechercher son portable
2) elle va dans un cybercafé
3) elle va chez ses parents
Et pour orienter un peu plus. Ce qui arrive après… :
a) …se passe bien
b) …se passe mal
Et sinon, vous lui voyer quelle tête, celle de :
1) Hélène
2) Nathalie
3) Pauline
4) Salomé
5) Une autre personne… (merci de préciser qui)
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