Pièce n°VIII
Son éveil fut comme dans un rêve. C'est le bruit d'une chouette qui la tira de ses songes. Puis en ouvrant les yeux, elle vit qu'elle était ailleurs. Elle était dans une maison avec un tapis au sol et des murs de cloison en papier. Une vraie maison japonaise. A travers les ouvertures sur les murs, elle voyait malgré les ombres de la nuit un jardin magnifique et parmi les bonzaïs et les herbes, un lion qui la fixait intensément de son regard de pierre.
Elle était venue se réfugier là quelques heures auparavant. Après s'être reçue une quatrième taloche dans la soirée, elle lui avait jeté la casserole de soupe à la figure et était partie à toutes jambes. Elle ne courrait pas très vite, mais de toutes façons, il était déjà trop saoul pour pouvoir la suivre. Qu'il essaye seulement s'était-elle dit. Sortie en trombes de la maison, elle s'était sans hésiter dirigée vers le jardin. Les quais de Boulogne n'étaient pas sûrs à une heure si avancée de la nuit. Les mariniers étaient parfois aussi saouls que l'homme qu'elle tentait de fuir. Et puis, une fois dehors, où aller ? Alors, elle avait pris le chemin qu'elle prenait à chaque fois qu'il dépassait les bornes, autant dire ces derniers temps, une à deux fois par semaine. Elle avait traversé la forêt bleue et filé en direction du Palmarium. Dans sa course, un des sapins l'avait un peu égratigné à l'épaule. Puis ayant passé la rectitude du jardin français, elle avait traversée la palissade faite de bambou pour se retrouver dans ce havre de paix japonais. La grande pagode, sorte de déesse nocturne, veillait de haut sur ce monde qui, sans rien dire, lui accordait sa protection. D'habitude on fermait les volets des maisons pour la nuit, mais ce soir Monsieur avait eu des invités, dont certains étaient restés dormir. Quand cela arrivait, Monsieur exigeait que les maisons restent ouvertes. Ainsi les invités d'humeur très matinale, comme il disait, pouvaient tout de même profiter pleinement des jardins.
Un bruit se fit entendre venant du jardin anglais. Elle se recroquevilla. Elle pensa un instant que son soudard de mari avait trouvé assez de volonté pour partir à sa poursuite. Mais, à la lueur de la lampe qui se réfléchissait sur les parois, elle comprit que ça ne pouvait pas être lui. Tendant l'oreille, elle perçu, sans en comprendre le sens, que des propos étaient échangés à voix basse. Le groupe avançait à petits pas. Bientôt, il fut juste devant la maison qu'elle avait choisie pour refuge. De peur qu'ils entrent et la découvrent, elle se mit à trembler et sans faire le moindre bruit elle tentait de rejoindre le coin opposé pour s'y cacher. Mais alors qu'elle avait à peine fait un mètre en arrière, tant la peur lui serrait le coeur, elle compris que personne n'entrerait. Le groupe avait stoppé net devant le lion sculpté. A la voix, elle reconnu Monsieur. Mais elle aurait été bien incapable de répéter ce qu'il disait, tant il semblait baragouiner dans sa barbe. Rassurée de ne pas être menacée, elle fit les mêmes mouvements que précédemment mais pour s'approcher de la cloison cette fois et y étant tout près, elle risqua un léger mouvement vers l'ouverture. Il y avait quatre personnes debout regardant dans le sens opposé. A la gauche, où était-ce la droite, elle n'était jamais certaine, il y avait Pierre. Il servait à Monsieur d'homme à tout faire depuis quelques semaines. Il y avait ensuite, l'un des invités de ce soir. Un vieil homme avec une barbe et une belle moustache. Il n'avait presque pas touché au dîner. Mais il était courtois et porté un élégant nœud papillon. Monsieur semblait beaucoup l'apprécié. Mais présentement, elle ne se rappelait plus son nom. Un truc du genre Bramardi mais elle n'aurait pas juré. En tous cas, ça ne faisait pas bien français, pourtant il était du même coin que monsieur, à ce qu'elle en savait. A côté de lui, se tenait son épouse qui avait juste posé sur sa robe de chambre son manteau de fourrure. De la Zeppeline, se rappelait-elle. Elle, la cuisinière et la femme de chambre, l'avaient regardée attentivement et même touchée pendant que ces messieurs dame prenaient le café. Pour fermer la marche, il y avait Monsieur. Il était sorti sans manteau, mais avait sur la tête son chapeau aplati. Il lui donnait toujours sa forme si particulière en s'asseyant dessus. Elle adorait Monsieur. Il avait était très bon pour elle. Mais plus que pour ses bontés, elle l'aimait profondément. Il n'avait pas encore quarante ans. Il était petit et rond. Il avait des manières aléatoires. « Aléatoire », c'est lui qui un matin lui avait appris ce mot. Elle lui servait des oeufs et du lard que la cuisinière avait encore oublié sur le feu. Il l'avait regardé et avait dit avec son accent à couper au couteau : « L'avantage au moins avec elle c'est que la cuisine est toujours aléatoire. ». Puis tous les deux, ils avaient souris et il lui avait gentiment expliqué le sens du mot. Elle savait que Monsieur était riche, très riche même. Sa sœur qui était couturière à Paris lui avait glissé un jour qu'il n'était pas loin d'être parmi les hommes les plus riches du monde. Mais malgré son argent, il ne s'était pas monté la tête. Il était simple. Et puis, il avait tant d'idées. Elle adorait l'écoutait parler. Quand, il y avait du monde, elle restait debout derrière lui. Officiellement elle était là pour servir, répondre aux sollicitations. Mais en fait, elle aurait pu être dans la cuisine attendant d'être sonnée. Non, elle voulait être là. Là, ouvrir grandes ses oreilles et écouter Monsieur et ses invités parler, parler et parler encore.
Absorbée dans sa contemplation, elle ne se rendit pas compte qu'elle avait pris froid et sans même prêter attention aux signes avant-coureur, elle éternua. Un petit éternuement bref mais net. Pierre et la lampe se retournèrent vers sa direction. Elle eu à peine le temps de se coller face contre terre. Sa respiration s'accéléra brusquement. La lumière faisait des ronds au dessus de sa tête. La peur revint. Pierre cria « Holà, il y a quelqu'un ? ».
Que pouvait-elle faire ?
A vous de décider :
1) elle a trop peur et ne fait rien tellement elle est tétanisée
2) elle sort et se montre
3) elle tente de se cacher
Et pour orienter un peu plus. Ce qui arrive après… :
a) …se passe bien
b) …se passe mal
Et sinon, vous lui voyer quelle tête, celle de :
1) Hélène
2) Nathalie
3) Pauline
4) Une autre personne… (merci de préciser qui)
|